Le rituel du soir : bien plus qu'une histoire avant de dormir
Et puis, à un moment, on réalise que c’est devenu le moment préféré, de l’enfant, et souvent du parent aussi.
Ce que ce rituel construit, on ne le mesure pas toujours.
Pourtant, il se passe beaucoup de choses en même temps dans ces quelques minutes.
Il y a d’abord le vocabulaire.
L’histoire du soir expose l’enfant à des mots qu’il n’entend pas dans la conversation ordinaire, des mots rares, précis, parfois anciens, parfois inventés.
Ces mots-là s’installent.
Ils forment, sur la durée, un réservoir de langage que rien d’autre ne constitue aussi naturellement.
Il y a ensuite l’imaginaire.
L’histoire du soir apprend à l’enfant à se représenter des mondes qu’il ne voit pas, à visualiser, à anticiper, à se demander ce qui va arriver.
C’est un entraînement discret de la pensée, qui se fait dans la douceur et le plaisir.
Et il y a, peut-être par-dessus tout, la sécurité.
Un rituel régulier dit à l’enfant que le monde est prévisible, que certaines choses reviennent, que l’on peut compter sur elles.
L’histoire du soir est une ancre.
Elle clôt la journée, elle sépare le bruit du silence, elle prépare le corps et l’esprit au repos.
Ce moment-là n’a pas besoin d’être parfait.
Il n’a pas besoin d’être long.
Il a juste besoin d’exister, ce soir, et demain soir, et le soir d’après.
Les parents témoignent