Lire à un bébé : est-ce vraiment utile ?
« Lire à un bébé : est-ce vraiment utile ? »
La question revient souvent, posée avec une sincère curiosité : est-ce que ça sert vraiment à quelque chose de lire à un bébé qui ne comprend pas encore les mots ?
Est-ce que le livre, pour un enfant de quelques mois, a un sens ?
La réponse est oui, et elle est même plus large qu’on ne le pense généralement.
Ce que le bébé reçoit quand on lui lit une histoire, ce n’est pas le contenu de l’histoire.
Ce n’est pas l’intrigue, ni les personnages, ni la morale.
C’est la voix.
Son rythme, ses variations, ses silences.
C’est le corps de l’adulte penché vers lui, la chaleur de cette présence, la répétition rassurante d’un rituel.
Tout cela participe à la construction du lien d’attachement et simultanément, à quelque chose de plus discret mais d’essentiel : le bain de langage dans lequel l’enfant baigne bien avant de pouvoir parler.
Les recherches sur l’acquisition du langage le confirment : l’apprentissage commence beaucoup plus tôt qu’on ne le croit.
Dès les premiers mois, le cerveau du bébé enregistre les structures sonores de la langue, la prosodie, les intonations.
Lire à voix haute, même à un enfant qui dort à moitié, c’est lui offrir une richesse linguistique que la conversation du quotidien ne couvre pas toujours entièrement.
C’est vrai à la maison, dans les bras d’un parent.
C’est vrai aussi en crèche ou chez une assistante maternelle, au moment d’instaurer un temps calme pour une sieste qui tarde à venir.
Ce moment n’a pas besoin d’être long ni préparé.
Il a besoin d’exister, régulièrement, simplement.
Le kamishibaï, avec ses grandes images colorées et son format de théâtre, est un outil particulièrement bien adapté à ce travail avec les très jeunes enfants.
Les planches sollicitent le regard, ancrent l’attention, créent une attente.
Même un enfant qui ne parle pas encore tend le doigt vers une image.
C’est déjà une conversation.
Si vous avez des questions ou des expériences à partager sur la lecture avec les tout-petits, je serais heureuse de vous lire.
Les parents témoignent